17.03.26
Rares sont les secteurs où le nettoyage et la désinfection occupent un rôle aussi crucial que dans les hôpitaux. La propreté est la base de l'hygiène étant donné que la saleté et la poussière constituent un terrain idéal pour la prolifération des micro-organismes tels que les bactéries et les virus. Des mesures de nettoyage et de désinfection complètes sont essentielles pour offrir aux patients un cadre serein et gagner leur confiance. Quelles méthodes ont fait leurs preuves à cet effet, quelles technologies allègent la charge de travail du personnel de nettoyage et où se cachent les potentielles sources d'erreurs ?
Afin de créer une ambiance agréable pour les patients dès leur arrivée, les extérieurs se doivent d’être bien entretenus. Toutefois, la propreté des aménagements extérieurs n’est pas seulement importante pour la première impression. Elle permet aussi de diminuer efficacement les saletés amenées dans le bâtiment, ce qui réduit sensiblement le nettoyage intérieur. Les balayeuses sont tout à fait adaptées à cette tâche, sachant que des modèles à guidage manuel ou des machines autoportées peuvent être indiqués en fonction de la superficie. Dans l’entrée, des tapis anti-salissures s’avèrent judicieux pour limiter encore une fois les saletés qui parviennent à l’intérieur. Pour aspirer ces derniers régulièrement, les aspirateurs poussières équipés de filtres HEPA sont le bon choix. Ils assurent la propreté et leur filtration fine réduit au maximum les agents pathogènes rejetés dans l’environnement. Cela permet de prévenir la propagation de bon nombre de micro-organismes étant donné qu’ils adhèrent à d’autres particules et sont filtrés hors de l’air ambiant en même temps que la saleté et la poussière.
Si les sols dans les entrées, les espaces de séjour et les couloirs n’ont pas besoin d’être désinfectés, selon les recommandations de l’institut Robert Koch, ils nécessitent néanmoins un nettoyage rigoureux. En fonction de la superficie, les autolaveuses aspirantes munies d’une aspiration performante offrent une bonne solution ici. Elles permettent un nettoyage des surfaces plus rapide et surtout plus en profondeur que le passage manuel d’une serpillière.
Pour alléger davantage la charge de travail du personnel et nettoyer efficacement les couloirs des cliniques, parfois très longs, les autolaveuses autonomes peuvent s’avérer utiles. Elles sont en mesure de traiter rapidement des surfaces étendues et de manœuvrer même dans les environnements exigus. Les modèles au fonctionnement autonome se rendent par exemple aux stations d’accueil par eux-mêmes, font le plein de consommables et nettoient plusieurs milliers de mètres carrés de sols par jour – le tout sans aucune aide humaine. De plus, les trajets de nettoyage sont très faciles à créer sans s’y connaître en programmation. Pour détecter de manière fiable les personnes, les obstacles mobiles et les objets fixes, le robot doit offrir une navigation sécurisée dans les zones très fréquentées. Idéalement, cette propriété aura été attestée par un organisme de contrôle externe. En cas d’utilisation de caméras, il doit être garanti que les données ne peuvent pas être enregistrées par le système.

Dans les blocs opératoires étendus, les sols des couloirs doivent être désinfectés en plus du nettoyage mécanique. Si une autolaveuse aspirante est utilisée à cet effet, la machine doit elle-même présenter une hygiène irréprochable. Le désinfectant doit être dosé selon les consignes du fabricant puis versé dans le réservoir où il se garde pendant une journée de travail. Ensuite, le réservoir doit être vidé, nettoyé et rempli de désinfectant neuf le lendemain. Compte tenu de l’espace restreint dans les salles d’opération, les lingettes et du désinfectant sont en règle générale mieux adaptés à la désinfection des sols.
Entre deux opérations, il ne reste le plus souvent que quelques minutes pour désinfecter les salles d’opération. Les équipes de nettoyage se tiennent à disposition en toute flexibilité sachant que le travail se déroule rarement comme prévu du fait des opérations qui se prolongent ou des urgences. On commence par éliminer le sang et autres souillures puis une désinfection intégrale a lieu, des murs jusqu’aux roulettes des tabourets en passant par l’éclairage opératoire et les surfaces. À cet effet, les surfaces sont humidifiées à l’aide du désinfectant. Ce dernier sèche tout seul ensuite. Aucun rinçage ni essuyage n’est autorisé afin d’éviter toute atténuation de l’effet désinfectant. Le nettoyage en profondeur a lieu lorsque la salle d’opération peut être fermée pendant un moment ou qu’un créneau adapté peut être trouvé.
Afin d’éviter la propagation des germes d’une chambre de patient à l’autre, des procédures de nettoyage correctes sont indispensables. Pour le nettoyage manuel des surfaces, la méthode du préconditionnement ou de la pulvérisation sont des approches sûres puisque les lingettes de nettoyage ne sont pas trempées constamment dans la même eau de nettoyage. La marche à suivre est simple et facile à gérer pour les agents d’entretien étant donné qu’il n’est pas nécessaire d’emporter de seau d’eau. Il est possible d’employer des lingettes pliées deux à trois fois, déjà imbibées d’une quantité adaptée de détergent. En alternative, un distributeur de mousse convient pour appliquer la solution de nettoyage sur place sur des lingettes de nettoyage prépliées. La première surface est alors nettoyée avec une face propre de la lingette puis la lingette est dépliée pour chaque nouvelle surface jusqu’à ce que toutes les faces de la lingette aient été utilisées. Ensuite, elle est mise de côté et remplacée par une lingette neuve.
Selon le domaine d’utilisation, on se sert ici de lingettes de nettoyage de différentes couleurs. Les surfaces dans les chambres des patients comme les tables, les rebords de fenêtre ou les caissons à roulettes sont nettoyées à l’aide d’une lingette bleue, le rouge est la couleur de signalisation réservée aux toilettes, aux urinoirs et aux zones d’éclaboussure tandis que le jaune est destiné au reste des sanitaires, par ex. les lavabos, les robinetteries et les surfaces de rangement. Le vert n’a généralement pas de définition communément admise et peut faire l’objet d’une affectation individuelle en fonction de la situation. L’utilisation du code couleurs apporte la sécurité au personnel de nettoyage et permet de gagner la confiance des patients comme des visiteurs. Il va de soi que des lingettes neuves sont utilisées pour chaque pièce.
La désinfection dans les chambres des patients concerne seulement les surfaces présentant un risque d’infection élevé en raison de contacts fréquents avec les mains et la peau. Pour le nettoyage et la désinfection, l’agent d’entretien doit en règle générale disposer d’un équipement de protection individuelle adapté et porter des gants.
Pour nettoyer efficacement les sols dans les chambres des patients et éviter les risques de dérapage, on distingue les salissures non adhérentes et adhérentes. Les saletés non adhérentes peuvent être ramassées en utilisant des textiles jetables ou réutilisables capturant la poussière tandis que les salissures adhérentes doivent être éliminées par un nettoyage humide. La méthode du préconditionnement est également conseillée pour le nettoyage des sols puisqu’elle permet d’éviter de replonger dans l’eau de nettoyage et d’essorer sans cesse une serpillière déjà utilisée. Pour chaque chambre, il convient d’utiliser une lingette en microfibres propre afin d’éviter la propagation des micro-organismes d’une chambre de patient à l’autre.
Dès lors que des produits alimentaires sont en jeu, l’hygiène est généralement une priorité absolue, notamment dans un environnement aussi critique que les cuisines d’un hôpital. Pour le nettoyage du carrelage mural, il est par exemple possible d’employer des nettoyeurs haute pression associés à des canons à mousse ou à des lances à mousse avec réservoir intégré. Afin de priver de manière fiable les micro-organismes de tout terreau fertile, il est conseillé d’alterner entre détergents moussants acides et alcalins. En cas de joints à base de ciment, la prudence est toutefois de mise. Étant donné qu’ils sont sensibles à l’acide, il convient de les mouiller au préalable pour qu’ils se gorgent suffisamment d’eau et ne soient pas abîmés par l’acide.

Les sols des cuisines d’hôpital sont généralement dotés de dalles structurées munies de picots. Les souillures telles que la graisse ou les résidus alimentaires se déposent facilement dans les creux de ces dernières. Pour nettoyer le sol rapidement et efficacement, des nettoyeurs haute pression associés à des nettoyeurs de surfaces équipés d’une barre de buse rotative et de Powerbuses disposées en léger décalage sont tout indiqués. En alternative, il est également possible d’utiliser des autolaveuses orbitales ou des autolaveuses aspirantes dans leur version à rouleaux. Les rouleaux sont pratiquement autonettoyants puisque la saleté ne peut pas y adhérer en raison de leur vitesse de rotation élevée.
De manière générale, une désinfection des surfaces en contact avec les aliments ne doit être effectuée qu’à condition que celles-ci aient été nettoyées au préalable. Après le nettoyage et le temps d’action du désinfectant, il convient d’effectuer un rinçage avec une quantité suffisante d’eau de qualité potable pour éliminer toute trace de résidus de désinfectant et de détergent.
Bon à savoir
Sources d’erreur potentielles : l’erreur du savon
Lorsqu’un désinfectant à base d’agents tensioactifs cationiques rencontre une surface comportant des résidus de détergents à base d’agents tensioactifs anioniques, les agents tensioactifs cationiques du désinfectant peuvent se lier à ceux du détergent. Il en résulte une macromolécule insoluble dans l’eau. Cette erreur dite « du savon » peut annuler l’action du désinfectant. Lorsqu’il s’agit de désinfecter des surfaces ayant été nettoyées à l’aide d’un détergent à base d’agents tensioactifs anioniques auparavant, ces surfaces doivent par conséquent être rincées rigoureusement de sorte qu’il ne reste plus aucun résidu de détergent sur la surface. Si la surface est très collante en raison de l’erreur du savon, un détergent avec une part accrue de solvant peut permettre d’y remédier.
Sources d’erreur potentielles : l’erreur des protéines
Lorsqu’une surface présente des salissures contenant des protéines, le désinfectant se concentre sur ces salissures protéiques au lieu d’inactiver les virus ou de tuer les bactéries et autres micro-organismes. De ce fait, l’efficacité du désinfectant n’est plus garantie. Par conséquent, un nettoyage minutieux des surfaces avant la désinfection est primordial.