24.03.26
J'ai eu l'occasion de participer à l'événement PURE 2026, organisé par la société ewah AG. J'ai trouvé particulièrement intéressant le programme interdisciplinaire, qui a permis d'aborder le thème de l'hygiène sous différents angles. Cette soirée a non seulement permis d'acquérir des connaissances spécialisées, mais surtout de se faire une idée globale de ce qui caractérise une bonne hygiène dans la pratique. Il s'agit avant tout de systématique, de responsabilités clairement définies, d'une mise en œuvre rigoureuse et d'une documentation fiable.
Une attention particulière a été accordée aux aspects juridiques liés aux légionelles. Daniel Staffelbach et Fabian Altmann, du cabinet Walder Wyss, ont montré à quelle vitesse des taux élevés de légionelles peuvent entraîner non seulement un problème technique, mais aussi un problème en matière de responsabilité civile et de droit locatif.
La déclaration suivante a été particulièrement percutante : «Les filtres gèrent le risque, ils ne l’éliminent pas. ». Il est ainsi apparu clairement que si des mesures immédiates peuvent s’avérer nécessaires, elles ne remplacent pas un assainissement durable. Il est tout aussi essentiel de présenter des arguments solides, étayés par des valeurs de mesure, des procès-verbaux et une documentation traçable. En cas de litige notamment, ce n’est souvent pas seulement l’évaluation technique qui est déterminante, mais aussi la question de savoir ce qui peut être prouvé et documenté.
L’intervention de Gabriela Zanettin a clairement mis en évidence le rôle clé que joue la gestion des installations dans le secteur de la santé. La gestion des installations a été décrite comme faisant partie intégrante de la sécurité des processus opérationnels, avec des responsabilités en matière de technologie, d’infrastructures, de processus et de coordination.
L’un des messages clés était le suivant : «Une gestion des installations efficace est essentielle pour les établissements de santé, car elle constitue la colonne vertébrale des processus opérationnels non médicaux.» C’est précisément lors d’événements liés à l’hygiène que l’on constate à quel point l’interaction entre les niveaux stratégique, tactique et opérationnel est importante. L’hygiène n’est donc pas seulement une question technique, mais aussi une question de gestion et d’organisation.
Le Dr Thomas Leiblein a présenté l’audit comme un outil de gestion efficace. Les audits n’étaient pas considérés comme de simples contrôles, mais comme une méthode structurée permettant de mettre en évidence les processus, les situations et les responsabilités.
La phrase suivante m’a particulièrement marqué : «Un auditeur ne trouve rien parce qu’il ne cherche pas. Il constate des faits.» Les audits favorisent la transparence, mettent en évidence les points faibles et fournissent à la direction une base pour définir des priorités, prendre des mesures et assurer une amélioration continue. Dans les entreprises complexes notamment, cette approche systématique peut aider à identifier les risques à un stade précoce et à mieux piloter les évolutions.
L’exposé du professeur Walter Zingg était axé sur la prévention des infections. À l’aide de données, d’études et de concepts internationaux, il a été démontré qu’une prévention efficace ne repose pas sur des mesures isolées, mais sur un ensemble de mesures coordonnées. Cela inclut les ressources, la formation, la surveillance, les audits, les normes et le leadership.
La référence à la culture d’entreprise s’est avérée particulièrement pertinente. «Une culture d’entreprise positive qui favorise activement la communication et les relations de travail entre les collaborateurs et les services.» La prévention est ainsi apparue comme une mission organisationnelle commune. Elle est particulièrement efficace lorsqu’elle est ancrée dans le quotidien et soutenue par l’ensemble de l’organisation.
Le Dr Mattias Fricker, de l’Office de la protection des consommateurs du canton de Zoug, a présenté le point de vue des autorités chargées de l’application de la loi. Son intervention a mis en évidence la complexité que peut revêtir le cadre réglementaire, en particulier lorsque l’eau potable et l’eau de douche ou de bain sont étroitement liées dans la pratique.

Cette idée a été formulée de manière concise par la phrase suivante : «Ces deux éléments se trouvent généralement dans la même conduite, ce qui ne facilite pas les choses.» L’accent est mis sur les contrôles fondés sur les risques, des exigences claires en matière d’exploitation et d’entretien, ainsi que sur la détection précoce des failles en matière d’hygiène. Cela a permis de mettre en évidence l’importance, au quotidien, de disposer de directives applicables dans la pratique et de responsabilités clairement définies.
Pour conclure, Andreas Bopp a montré, en prenant l’exemple de la ville de Zurich, comment gérer un vaste portefeuille immobilier grâce à une gestion structurée de la légionellose. L’accent a été mis sur l’autocontrôle basé sur les risques, la surveillance, les contrôles de température, les prélèvements, les consignes d’exploitation et les procédures clairement définies en cas d’anomalies.
Il est ainsi apparu clairement que la prévention doit faire partie intégrante du fonctionnement normal et ne pas intervenir seulement lorsqu’un problème est déjà survenu. L’exposé a montré très concrètement comment la surveillance technique, les processus organisationnels et les mesures documentées doivent s’articuler pour que les risques restent maîtrisables.
Cet événement a clairement montré que l’hygiène ne peut fonctionner durablement que si les connaissances spécialisées, les processus, la gestion, l’application et la mise en œuvre pratique s’imbriquent les uns dans les autres. Une bonne hygiène n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un système efficace.